| Le
Bailliage |
| Le
Bailliage a été classé monuments
historiques en 1947. |
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L’édifice
de style Renaissance et de conception flamande
qui s’élève à l’angle
de la Grand’Place et de la rue d’Arras
a été construit, en 1600, pour
servir de corps de garde à la milice
de la ville.
On
l’appelle communément le Bailliage,
parce qu’à diverses reprises,
entre 1634 et 1789, il a servi de siège
au tribunal du grand bailli d’Aire.
Il s’agit d’une œuvre voulue
par le Magistrat de la ville, à une époque
où les habitants concouraient à la
défense militaire de leur cité.
C’était
alors le début de l’heureux
temps des Archiducs qui vit la transformation
d’Aire. La prospérité générale
autorisait le Magistrat à mettre en œuvre
un programme édilitaire important.
Les échevins affirmaient ainsi leur
pouvoir par l’achèvement de
la Collégiale Saint-Pierre, l’achèvement
de l’église Notre-Dame, aujourd’hui
détruite, et par la construction de
nouvelles boucheries. De
nombreux artistes et artisans étaient
alors présents à Aire et le
corps de garde en a profité.
Le
mayeur en exercice en 1597, Jacques de Caverel
obtint des lettres de Bruxelles autorisant
la ville à lever une imposition pour
la construction d’un corps de garde
sur le marché de la ville. Les travaux,
commencés en 1600, furent menés
activement sous le contrôle des échevins
et, le 22 novembre 1600, on put procéder à l’inauguration
du bâtiment qui ne fut toutefois terminé que
plusieurs années plus tard.
L’édifice
se présente comme un quadrilatère
irrégulier de 125 m2 de superficie
au sol, avec 3 façades donnant respectivement
sur la Grand’place, la rue d’Arras
et sur la rue du Bourg, ce qui était à l’époque
la rue des Cuisiniers. L’architecte,
Pierre Framery s’est inspiré d’un
bâtiment faisant partie de l’ancien
Hôtel de Ville d’Amsterdam, disparu
en 1651, ceci explique la rapidité de
la construction et de ce fait sa fragilité.
De nombreuses restaurations ont été nécessaires
au cours des siècles.
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| Ornementation
extérieure |
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Les
façades du corps de garde sont richement
ornées, même celle qui échappe
au regard. Sur les façades de la Grand’Place
et de la rue du Bourg, de fines colonnes de
pierre supportent respectivement 4 et 3 arcades. Une
bretèche, détail d’architecture
flamand, fait de ce monument un petit frère
italianisé des palais municipaux des
Pays-Bas.
La
frise médiane,
au-dessus des arcades, ceinture le bâtiment. Elle
est composée
de 32 métopes carrées dont les
motifs, finement sculptés, représentent
les attributs de la Toison d’Or : des
briquets posés sur des bâtons
noueux en croix de Saint-André, les
initiales de la devise de la maison de Bourgogne
: AIFM, des patères et de nombreux trophées
d’armes avec des hallebardes, des rondaches,
des piques, des épées, des mousquets,
des poires à poudre, des casques… Deux
coquilles de Saint-Jacques marquent les extrémités
de la frise.
Rue
du Bourg, au centre des frontons des fenêtres
du 1er étage, deux cartouches « ANNO » et « 1600 » indiquent
la date de construction de l’édifice.
Rue
d’Arras, Bellonne, déesse de la
guerre, entourée de nombreuses armes
du XVIe siècle, apparaît casquée
sur le tympan d’une des fenêtres.
Côté Grand’Place, des personnages
mythologiques, mi-hommes, mi-crocodiles, s’affrontent
en combat singulier de chaque côté de
la bretèche.
L’attique
au sommet de l’édifice, est orné de
statues sur lesquelles figurent les 3 vertus
théologales (Foi, Espérance et
Charité), les 4 vertus cardinales (Prudence,
Justice, Force et Tempérance), les 4 éléments
(Feu, Air, Eau et Terre) et 1 personnage, représentation
de Pierre Framery, maître d’oeuvre
de l’édifice. Enfin,
la toiture est surmontée d’une
girouette en forme de Sagittaire.
En
1907, fut scellé, sous les arcades du
Bailliage, un grès aux armes de la Tramerie,
en provenance du Palais de la Salle.
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| Aménagement
intérieur |
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L’intérieur
du Corps de garde est naturellement beaucoup
plus sobre que l’extérieur. On
trouve quatre niveaux : • La cave.
Il a fallu dès 1750 soutenir par un
massif de maçonnerie la voûte
qui menaçait de s’effondrer. • La salle
du rez-de-chaussée mesure 6 m sur 7,
elle est pavée de briques. Une belle
cheminée est surmontée des armes
d’Artois. Un remarquable escalier de
bois conduit à l’étage.
La rampe est d’origine. • La grande
salle de l’étage fait 10 m sur
11, toutes les cloisons ont été abattues.
Elle possède une belle cheminée
dans laquelle on a placé des carreaux
de faïence de fabrication airoise du XVIIIe
siècle. A remarquer surtout la belle
charpente du plafond. • Les combles
qui servaient jadis au logement des soldats. Le Bailliage
a connu des utilisations diverses (corps de
garde, siège du tribunal, Hôtel
de Ville provisoire avant la Révolution,
Octroi, Justice de paix, Commissariat de police
aux XIXe et XXe siècles). Depuis 1970,
il est le siège de l’Office de
Tourisme d’Aire sur la Lys. La grande
salle de l’étage est utilisée
pour les expositions.
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Texte
: Office de Tourisme d'Aire-sur-la-Lys
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