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Le
Bastion de Thiennes est situé à l’est
de la ville d’Aire-sur-la-Lys, actuellement
au 6ter, boulevard Foch. Il était appelé ainsi
parce qu’il « couvrait » le chemin
conduisant à Thiennes.
Rescapé du
démantèlement, il se compose de deux
parties construites à deux époques
différentes. La
plus ancienne, le bastion des chanoines, qui fait
angle sur le trottoir du boulevard Foch, fut construit
entre 1520 et 1540, sous le règne de Charles
Quint sur le modèle des bastions italiens
(bastion à oreillons), vraisemblablement
par Jehan d’Aire, qui conduisait en même
temps les travaux de la Collégiale Saint
Pierre.
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On y accédait
de l’intérieur de la ville par un couloir
(appelé gorge) de 1,70 mètre de large, en
courbe, passant sous le mur d’enceinte. La seconde
partie, a été construite par Jean-Baptiste
Gourdon et Charles Robelin, ingénieurs du roi de
France, entre 1685 et 1690, sur ordre de Vauban qui avait
jugé le bastion des Chanoines trop petit.
Démoli
en grande partie lors du siège de 1710, il fut
reconstruit par Charles Robelin, après l’occupation
hollandaise, entre 1715 et 1720. A ce bastion, fut ajoutée
en 1829, une partie construite sur son flanc ouest, sous
la direction du capitaine de génie Charon. On ouvrit
alors une communication intérieure entre les deux
parties, et en 1850 une porte de trois mètres de
large, sous le mur d’enceinte pour y accéder
directement de l’intérieur de la ville.
En 1896,
pour sauver le bastion du démantèlement,
deux airois Alcide et Abbel Delbende, l’achetèrent
pour 16 000 francs et utilisèrent les casemates
comme caves à vins. Les deux parties furent revendues
séparément un peu plus tard. En 1965, une
maison fut construite sur la terrasse de l’ancien
bastion des Chanoines. Cette partie ancienne ne se visite
pas. Le propriétaire ouvre la partie plus récente
communément appelée « Le Bastion » aux
visiteurs durant les Journées du Patrimoine.
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La partie
la plus ancienne du bastion présente des voûtes
d’arêtes, en briques, blanchies à la
chaux. La seconde
partie comporte à l’intérieur deux
grandes galeries parallèles orientées d’est
en ouest. Elles servaient
de poudrière, de casemates pour les soldats et
de logement pour les « batteries de flanquement » dont
les tirs protégaient le rempart et les fossés.
Chacune de ces galeries communiquaient avec le premier
bastion par deux ouvertures.
Perpendiculairement
aux galeries, trois chambres pour des canons de moindre
calibre offrent leur ouverture plein sud.
Les bouches à canon, notamment celles des grandes galeries,
sont surmontées d’un conduit de cheminée pour évacuer
les fumées des tirs et sont encadrées de deux meurtrières
qui permettaient aux défenseurs de tirer pendant que les canonniers
rechargaient les batteries.
Le bastion
n’a plus que six mètres de hauteur. Son fossé se
situait six mètres plus bas ; il a été remblayé lors
du démantèlement entre 1893 et 1896. L’ouverture à l’ouest,
avec une grille, a été percée par
les allemands en 1943.
Texte : Office
de Tourisme d'Aire-sur-la-Lys
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