Le Beffroi et l'Hôtel de Ville
L’hôtel de ville et le beffroi ont été classés aux monuments historiques le 15 septembre 1947.
Le Beffroi

La construction des premiers beffrois correspond à l’émergence du mouvement communal qui se développe au XIe siècle. L’essor économique et démographique donne naissance à des bourgs commerciaux où les marchands s’organisent en association.

La commune administrée par des échevins se matérialise d’abord par un sceau ou un droit de cloche, mais rapidement elle souhaite posséder sa propre tour, à même de rivaliser avec les donjons et clochers.

Le beffroi remplit alors de multiples fonctions. Il sert de tour de guet. Sentinelle de la cité, le guetteur, avec son cornet, donne l’alerte pour les incendies et avertit les habitants de l’approche d’une armée ennemie. La cloche, la « bancloque », sonne les heures.

C’est dans le beffroi que se réunissent les échevins. Il sert aussi de prison et dans une chambre close, les chartes, le sceau et le trésor sont conservés dans des coffres.

L'Historique

1179 : construction du premier « cloquier » (ancêtre du beffroi)

1355 : construction d’une halle et d’un second « cloquier » en bois pour surveiller la ville. Le gouverneur d’Artois donne l’autorisation d’y pendre une bancloque pour régler le travail des ouvriers. Les chartes, sceaux et autres trésors de la ville sont conservés en son sein.

1372 et 1405 : des incendies ravagent la ville et détruisent le beffroi.

1447 : reconstruction du beffroi en pierres et en briques, il sera doté d’une deuxième cloche « Le Vigneron » qui sonnait l’heure de fermeture des cabarets.

1625 et 1705 : travaux de réhabilitation du beffroi.

1708 : le beffroi s’écroule de vétusté.

1710 : la ville est assiégée et en grande partie détruite, du fait de la guerre de succession d’Espagne.

1713 : Aire est rendue au royaume de France par le traité d’Utrecht.

1715 : l’autorisation est accordée par Louis XIV de reconstruire un nouveau beffroi.

1716 : la reconstruction de l’actuel beffroi commence sur des plans de l’architecte du roi Jacques Héroguel.

1724 : fin de la construction du beffroi pour un coût de 97 000 livres.

1872 : petit incendie dans le beffroi causé par la foudre. Il sera restauré à l’identique.

1914 : incendie du beffroi. Seuls le campanile et les éléments intérieurs en bois sont consumés. L’horlogerie, le carillon et les deux grosses cloches se sont écroulées sur la voûte de la salle du loup située au 1er étage. C’est à partir de cette date qu’il fut mis fin aux fonctions de guetteur qui jusqu’alors surveillait la ville du haut de sa tour..

1923 : restauration à l’identique selon les plans du béthunois Jacques Alleman, financée par la ville d’Aire car le beffroi n’est pas encore classé.

1947 : le beffroi est classé Monument Historique.

2005 : classement au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

 

Les caractéristiques

La tour d’Aire-sur-la-Lys est un beffroi d’Hôtel de Ville. Il est de style baroque et carré, il a été construit en même temps que l’Hôtel de Ville auquel il est accolé et avec lequel il communique.

Le beffroi s’élève à 30 toises, d’après les plans de l’architecte Héroguel, soit environ 58 mètres. Il repose sur quatre gros piliers, de briques et de pierres de 2 mètres d’épaisseur.

Le beffroi comporte 7 étages :

- Le 1er niveau forme ce que l’on appelle la salle du Loup. On y accède directement par l’arrière de l’Hôtel de Ville. Une grande partie des archives de la ville y furent entreposées.

- Au 2e niveau, un passage dans l’épaisseur du mur ouest permet d’accéder aux combles de l’Hôtel de Ville.

- Au 3e niveau on trouve le tambour de ritournelles du carillon.

- Au 4e niveau deux grosses cloches neuves ont remplacé en 1925 et 1926 la Bancloque et le Vigneron.

- Au 5e niveau se trouve le râtelier des quatorze cloches du carillon. Le poids total du carillon est de 2 500 kg, la plus imposante cloche pèse 260 kg, la plus petite 26 kg.

- Au 6e niveau se trouvaient auparavant les quatre bras de fer qui commandent les aiguilles dorées des cadrans de l’horloge.

Au 7e niveau, on accède à l’intérieur du campanile, vaste pièce octogonale, éclairée de 8 grandes fenêtres. Pour y arriver il a fallu grimper 236 marches !

L'Hôtel de Ville

Après le retour d’Aire au royaume de France en 1713, le Magistrat obtint du roi Louis XIV, en reconnaissance des souffrances de la ville pendant le siège de 1710 et sous l’occupation hollandaise, l’autorisation de construire un nouvel hôtel de ville plus prestigieux que l’édifice d’alors, jugé trop modeste.

Le projet fut confié à Héroguel, architecte du roi à Arras et les travaux furent adjugés à Pierre Descamps.

Commencés le 11 mai 1716, ils étaient achevés à la fin de l’année 1721.

Ornementation extérieure

Le majestueux édifice que nous voyons aujourd’hui n’a supporté aucune modification extérieure depuis sa construction.

La façade est percée de 2 portes centrales, l’une donne accès à la galerie des Hallettes, la 2e à un escalier monumental. Entre ces 2 portes, avait été apposée une plaque de marbre avec une inscription latine rappelant les noms de ceux qui avaient présidé à l’érection du monument. Cette plaque a disparu.

Le second niveau est percé de 11 ouvertures - 3 au centre, 4 sur chaque aile ; la fenêtre centrale s’ouvrant sur un balcon supporté par un cul de lampe.

Parfaitement ordonnancée par 10 pilastres dont 2 doubles encadrant les travées centrales, la façade de l’hôtel de ville est couronnée d’une balustrade chargée de remarquables sculptures et trophées.

Le fronton qui émerge de la partie centrale, est d’une hauteur presque égale au corps de bâtiment. La force et la justice, distribuées de part et d’autre, le calent visuellement, et en son centre, les armes de la ville ont maintenant remplacé le buste et les armes de Louis XV initialement installés. Dans la partie haute, une tête figure Apollon, dieu du soleil, emblème de Louis XIV.

Le beffroi a été reconstruit sur l’arrière de l’hôtel de ville. Il est légèrement décalé pour se trouver dans l’axe de la rue des Hallettes. Sa hauteur est de 45 mètres. Une horloge à 4 cadrans et un carillon ont été installés en 1724. Le 1er étage du beffroi forme ce que l’on appelle la « Salle du Loup ». On y accède par l’arrière de l’hôtel de ville. Le terme de loup remonte à l’époque où le sceau de la ville représentait un loup courant.

Incendiée le 9 mars 1914, la partie supérieure du beffroi s’est finalement effondrée. Elle sera relevée une dizaine d’années plus tard. La balustrade en pierre et les 4 pots à feu qui couronnaient le beffroi, ont été déposés, pour cause de ruine, et remplacés en 1980 par un mur de ciment « provisoire ».  

Aménagement intérieur

Jusqu’en 1830, le rez-de-chaussée était occupé par des boutiques, et jusqu’en 1851, l’aile droite abritait l’auberge de la Conciergerie. La maison commune ne disposait que du 1er étage de l’aile gauche. C’est en 1891 que la bibliothèque municipale fut installée au rez-de-chaussée de l’aile gauche. Le 1er étage a conservé son aménagement initial avec la grande salle, la « Halle » devenue salle des fêtes. La chapelle fut convertie en bureau et le greffe de la ville en salle des mariages. Les salles d’audience et la chambre secrète seront utilisées à des fins diverses.

La salle des Mariages

• La grande cheminée de marbre garnie de petits carreaux de faïence du début du XXe siècle

• Les 4 statues des vertus cardinales qui proviennent de la Collégiale Saint- Pierre. Travail du 17e siècle. Acquises en 1792.

• 2 tableaux représentant J. de Caverel et son épouse

• 1 tableau représentant les troupes espagnoles devant Aire en 1641.

• La bannière de l’Echo des Bardes, don de Jules Hunebelle en 1870.

Source : Office de Tourisme d'Aire-sur-la-Lys

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