| La
bibliothèque municipale et le fonds ancien |
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Le 4 mars 1891, la bibliothèque
municipale d’Aire-sur-la-Lys s’installait dans
le local qui est encore le sien à l’heure actuelle,
au rez-de-chaussée de l’aile droite du bel Hôtel
de ville, édifice construit au XVIIIe siècle.
La salle de lecture aux proportions harmonieuses est alors
décorée de hautes boiseries de chêne
destinées à recevoir les livres rangés
selon un classement systématique et par format. Cette
présentation fait aujourd’hui l’originalité de
la bibliothèque.
Ouverte au public en 1839,
La « bibliothèque publique » fut instituée
par délibération municipale en date du 14 novembre
1838, conseil dirigé par le maire Hippolyte Mahieu-Milon. à cette
date, on comptait 331 volumes imprimés, rescapés
de la Révolution : 19 volumes de dictionnaires de
langues, 138 de jurisprudence et de droit, 43 de sciences
et littérature, 117 d’histoire et 14 de gazettes. à cette
liste vinrent s’ajouter quelques ouvrages donnés
par le ministre de l’Instruction publique.
Entre
1839 et 1891, elle connut de nombreuses transformations.
A plusieurs reprises, elle fut fermée mais grâce
aux dons et à des achats judicieux, parallèlement à l’acquisition
de grands instruments de travail, des textes et des ouvrages
de référence, la bibliothèque s’est
constituée un fonds ancien digne d’intérêt.
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Le 7 novembre 1890,
le maire et son conseil donne un nouvel élan à l’établissement.
Ils décident de transférer la bibliothèque
au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. Le maire,
André Faucquette, écrivit alors au ministre : « Notre
bibliothèque ouvre trois fois par semaine de 2 à 5
heures. On a fait relier tous les volumes, réparer ceux
qui étaient endommagés. » L’inventaire
réalisé en 1900 recensa 10 434 volumes. Le dernier
récolement effectué en 1985, mentionna et énuméra
18 000 volumes imprimés.Outre
ses manuscrits (87 numéros), la bibliothèque rassemble à l’heure
actuelle un fonds ancien réunissant 15?000 ouvrages (livres
imprimés rares ou précieux du XVIe au XIXe siècle)
735 volumes pour le fonds local, 307 périodiques auxquelles
s’ajoutent des collections iconographiques plans, cartes
esquisses, planches - 400 pièces).
La bibliothèque
est aussi dépositaire des archives anciennes de la ville,
réunissant en ses murs plus de vingt mètres linéaires
de documents couvrant la période du XIIe au XVIIIe siècle.
Ces archives ont été inventoriées et cataloguées
en 1995. L’échevinage
(qui était le conseil municipal sous l’Ancien Régime)
possédait des livres qui, par leur appartenance même à la
communauté restèrent propriété de la
collectivité. Citons
notamment la collection complète de l’Encyclopédie
de Diderot et d’Alembert, les Œuvres diverses de Jean
de la Fontaine (1758), les Œuvres de Maître François
Rabelais (1711), les Lettres de Rousseau sur différents
sujets de littérature publiées par Louis Racine en
1750, et les Œuvres du comte de Buffon, publiées en
1774.
Au XVIIIe siècle,
de nombreux avocats et hommes de loi vivaient à Aire. Ils
y ont laissés des ouvrages de jurisprudence et de théologie.
Par exemple la bibliothèque possède le Commentaire
littéral sur tous les livres de l’Ancien et du Nouveau
Testament (1712) par le R. P. Dom Augustin Calmet, bénédictin
de la congrégation de St. Vanne et St. Hydulphe et l’Histoire
du Vieux et du Nouveau Testament (1687) par le sieur de Sombreval.
En matière juridique, on trouve le Code pénal, ou
Recueil des principales ordonnances, édits et déclarations
sur les crimes et délits (1752), le Code militaire ou Compilation
des règlements et ordonnances de Louis XIV, roy de France
et de Navarre (1709), les Loix militaires recueillies du droit
romain (1672), le Droit public de l’Europe, fondé sur
les traités (1748).
Les dons ont été nombreux.
La bibliothèque s’est notamment enrichie de livres
provenant du château de Roquetoire que le marquis de Lugy
avait fait construire dans les premières années du
XVIIIe siècle sur un domaine acquis de la couronne d’Espagne.
Le second Empire, a offert aux bibliothèques municipales
des ouvrages tels que la collection des auteurs latins et grecs,
les Œuvres complètes historiques de Chateaubriand éditées
en 1840 par Firmin Didot et les Œuvres poétiques de
Boileau éditées en 1824 par Froment. Enfin des achats
ont été faits par la municipalité. Ils semblent
s’être arrêtés en 1937.
Des collections sont à signaler
par leur originalité, en particulier la Biographie universelle
de F. X. Feller (édition de 1841), le Grand dictionnaire
de Pierre Larousse, la Grande géographie Bond illustrée,
publiée sous la direction d’Onésime Reclus.
La bibliothèque
compte également des manuscrits, la plupart provenant de
dons de particuliers. L’abbé Denuncq, ancien religieux
de Clairmarais, a écrit seize volumes, tous relatifs à l’histoire
d’Artois. On peut signaler les « Coustumes générales
de la châtellenie et bailliage d’Aire, membre de la
comté d’Artois » (XVIIe siècle, Ms. 2),
le recueil « Coustumes de la ville et banlieue de Saint-Omer,
ensemble celle de la pruvosté de Monstroeul » appartenant à Mathieu
Van Der Woestyne, de Saint-Omer (Ms. 3, 1598), et le « Logica
Jesuitarum » ou cahier de philosophie du collège des
Jésuites d’Aire, avec un portrait gravé d’Homère
(Ms 7, XVIIe siècle).
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Le
baron Camille Dard, bibliophile passionné, archéologue érudit,
maire d’ Aire-sur-la-Lys en 1883-1884, possédait
une bibliothèque considérable, de plus de 3 000
volumes et un grand nombre de plans, manuscrits et pièces
diverses. La plupart des ouvrages concernaient l’Artois
et la région d’Aire. La bibliothèque fut
vendue aux enchères publiques, à Saint-Omer en
novembre 1893.
La ville a acquis une trentaine
de titres et 5 manuscrits dont l’Analyse des registres capitulaires,
recueil de documents concernant le chapitre de Saint-Pierre
d’Aire de 1433 à 1775, la Relation du siège
de 1710 et l’Atlas du canton d’Aire en 1772.
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En
ce qui concerne les journaux, la bibliothèque conserve des collections complètes
: La Revue européenne, Le Charivari, L’Athenaeum français,
Le Rénovateur, Le Journal des dames et des modes, L’Apollon,
etc, du XIXe siècle. Sur le plan local, signalons la collection
complète de L’écho de la Lys dont le premier
numéro est daté du vendredi 6 octobre 1837.
La bibliothèque
d’Aire possède aussi un fonds d’archives très
important très bien conservées, elles permettent
de suivre l’évolution de la ville jusqu’à la
Révolution. On peut relever parmi les grandes séries,
les actes constitutifs et politiques de la commune, notamment des
chartes depuis 1187, les registres des délibérations
de l’échevinage depuis 1739 à l’an IV,
les registres des offices municipaux de 1724 à l’an
VII, les comptes de l’argentier de 1483 à 1789, les
registres de correspondance du magistrat à partir de 1796.
La bibliothèque conserve un document daté de 1188
qui est l’octroi de la charte connue sous le nom de L’Amitié (AA2)
dans laquelle Philippe d’Alsace, comte de Flandre, sur le
point de partir pour la Terre sainte, déclare vouloir garder
et confirmer, pour les hommes de sa terre, les libertés
et les immunités accordées par ses prédécesseurs.
La bibliothèque est dépositaire des registres de
catholicité des cinq paroisses depuis 1589, et d’état-civil
jusqu’à 1933.
Les collections patrimoniales
de la bibliothèque d’Aire-sur-la-Lys recèlent
aujourd’hui des fonds d’imprimés, représentatifs
de tout ce qui a été édité du XVIe
au XIXe siècle dans tous les domaines de la connaissance,
de même qu’un fonds d’histoire locale enrichi
d’œuvres originales d’écrivains locaux.
Signalons : le grand voyageur et conférencier Gabriel de
Beugny d’Hagerue (1831-1922), auteur du Roman d’un
jésuite (1882) et du Secret de Rose et qui a publié de
nombreux textes tels Les mémoires d’un commis-voyageur,
mais aussi Récits andalous à partir d’événements
survenus en Andalousie entre 1796 et 1845. Signalons également
les œuvres d’Eugène de Sars (1838-1909), poète
et musicien, auteur notamment d’Au gré des vents (1886),
et de Lucien Baudens (1804-1857), célèbre chirurgien
militaire, membre du conseil de Santé en 1853, qui a dédicacé à la
bibliothèque sa Relation de l’expédition de
Constantine (1838).
La bibliothèque
offre donc de vastes ressources aux chercheurs, qui trouvent sur
place des ouvrages de référence et de précieuses éditions.
A plusieurs reprises les fonds ont été mis en valeur
lors d’expositions réalisées et organisées
en collaboration avec l’Office de Tourisme et les associations
de sauvegarde du Patrimoine de la ville.
Source : Office
de Tourisme d'Aire-sur-la-Lys
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