La Galerie du Bailliage
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Programmation 2012

Du jeudi 8 mars au dimanche 6 mai :

John Christoforou, le combattant inspiré
vernissage le mercredi 7 mars à 19h

Quand il vous accueille à l’entrée de son atelier de Kremlin-bicêtre, John Christoforou semble sorti d’une grotte, d’une caverne, d’un antre mystérieux. Né à Londres de parents originaires de Smyrne, installé à Paris au milieu des années cinquante, John Christoforou n’a jamais cessé de lutter contre une société anti-humaine. C’est un peintre combattant. Un homme hérissé que navrent la violence, l’hypocrisie, la robotisation. La profondeur des noirs, l’intensité des rouges, la façon de brosser la surface, le mouvement des formes : le repos n’est pas permis.

Mais à l’agitation fiévreuse de la conscience se joint la magnifique maîtrise de la composition. De grandes expositions (Paris, Copenhague, Rouen, Villeneuve-d’Ascq, Stockholm, Dresde, Athènes, Reims…) ont célébré sa créativité, mais l’ampleur et la constance de son inspiration restent à découvrir. Anges, soldats, prophètes, masques, martyrs, rescapés… Rien de trafiqué, rien d’étriqué. Une bonté dure, implacable. Une vérité de cendres et de sang. Une émotion sans sentimentalisme. A certains on colle l’étiquette de « grands maîtres ». De John Christoforou il faut reconnaître que c’est un merveilleux et précieux agitateur. Une âme tendre devenue tranchante comme une lame.

 

Du vendredi 11 mai au dimanche 22 juillet :

Nicolas Liguori
vernissage le jeudi 10 mai à 19h

Nous vous proposons dans cette exposition un panorama de son travail de réalisateur et d’auteur graphique dans le film d’animation à travers des recherches graphiques, des esquisses, des dessins d’animation, des storyboards.

Nicolas Liguori après l’obtention du Diplôme des Métiers d’Arts du Cinéma d’Animation à l’ESAAT de Roubaix a travaillé comme assistant animateur sur le film La prophétie des grenouilles au studio Folimage à Valence.

Depuis 2003, il collabore au sein de l’équipe des Films du Nord à la fabrication de courts-métrages Signes de Vie, Chahut, Irinka et Sandrinka et L’Evasion, ainsi qu’au projet de long-métrage Le Vilain Petit Chartreux. C’est principalement au travers des dessins et recherches présentées dans cette exposition des films Mémoire Fossile, Marottes, La Svedese et L’histoire du petit Paolo que vous aurez un aperçu de son oeuvre tendre et élégante où la force, l’intensité des sentiments et des impressions prennent corps et âmes.

 

Du jeudi 26 juillet au dimanche 30 septembre :

Serge Contesse, notre envoyé spécial au quotidien
vernissage de rentrée le jeudi 6 septembre à 19h

Il a foulé le Groënland, accompagné la patrouille de France, suivi de Gaulle, fouillé le Mexique, sillonné l’Afrique, partagé la plage de Picasso… Bref, ce grand reporter aurait pu nous en mettre plein la vue avec le souvenir de ces aventures lointaines ou les traces de ses rencontres au sommet. Mais c’est une autre expédition qui a passionné cet artiste Lillois (1925-2003) membre de l’atelier de la Monnaie et compagnon de route d’Arthur Van Hecke.

Un élu qui parade, un chasseur qui revient bredouille, des jeunes filles qui se balancent, des choristes qui chantent à tue-tête, des goûteurs de vin qui rougissent du nez et puis, même, des gens qui n’ont pas grand chose à faire mais qui le font là, sous nos yeux, avec une application touchante et une sorte d’étonnement primordial. Couleurs d’une fantaisie incomparable, compositions maîtrisées, rythme soutenu : Contesse donne du relief à l’à-plat. Et puis, mine de rien, sous leur allure un peu béate, ses personnages nous renvoient malicieusement à nous-mêmes. Candeur ou provocation, tendresse ou ironie ? On s’amuse de les voir croqués dans leurs limites, épinglés dans leurs habitudes. Mais on se sent bien obligé de les aimer : dans ce bas monde, finalement, qui peut prétendre ne pas faire (ne jamais faire) de la figuration

 

Du vendredi 5 octobre au samedi 1er décembre :

Jean-Paul Souvraz, le conteur stupéfiant
vernissage le jeudi 4 octobre à 19h

Ils commencent par vous sauter à la figure, les personnages que Souvraz a bien serrés dans le huis clos des quatre coins de la toile ou du papier, comme un inspecteur des étrangetés. Mais aussitôt le temps suspend son vol : on entre dans une fable, un conte, une légende, on y respire l’air des grottes ancestrales et la poussière des épopées, on a beau y sentir l’odeur du cirque et la sueur du carnaval, les parfums de femmes et le sui generis des marins, la boue des exilés, on a quitté l’ordinaire pour la fantastique, le stupéfiant. Est-ce le fond qui crée cette entrée de l’artiste ? Ou l’organisation chavirante des formes ?

Non, c’est tout à la fois, la lèvre de la carpe comme l’oeil troué du masque, le triangle de l’oreille du chien pas moins que l’arrondi du sein très lourd de sa maîtresse, le couvre-chef du soldat autant que la corne de l’animal sur lequel est juché un drôle d’hybride qui tient un oiseau rouge et vert par la taille.

Né à Lille, grandi à Lens, détourné dans le centre de la France, revenu à Lille, monté à Paris, établi à Dunkerque, Souvraz en est si convaincu qu’il offre à ses compagnons de vie sur Terre des oeuvres qui défient l’entendement.

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