| D'hier à aujourd'hui |
| Le
nom d’Aire a pour origine « area » qui est
défini comme un espace dégagé par la
main de l’homme dans une zone de marécages. Le
mot « aire » désigne aussi le nid de l’aigle. |
| Une
ville nouvelle |
Née de la volonté politique
du Comte de Flandres Baudouin II, soucieux de renforcer
la cohésion de sa principauté, Aire s'apparente,
par ses origines, à d'autres cités flamandes
telles que Lens, Béthune, Lillers ou Douai.
Le chateau comtal, élevé vers
900, associé à une église collégiale,
exerce dès lors une protection et une attraction
suffisantes pour que le bourg puisse se développer.
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| Une
vocation marchande |
La ville connait un essor
rapide : commerce et artisanat, favorisés par la
présence de la Lys, sont les facteurs essentiels
de son évolution. le marché, espace dévolu
aux échanges, devient alors le centre de la cité.
L'urbanisation s'effectue
selon un quadrillage systématique suivant l'axe
rue de Saint-Omer - Grand Place - rue d'Arras, toutes
voies annexes ramenant à ce noyau.
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| L'organisation
laïque urbaine |
Bientôt regroupés,
les burgenses ou bourgeois, habitants du bourg, établissent
des coutumes ordonnant les relations avec le seigneur
et les rapports des habitants entre-eux (devoir de fraternité,
d'assistance mutuelle...).
Ces coutumes connues à Aire
sous le nom de Charte de l'Amitié (Lex Amicitiae),
reçoivent l'approbation comtale en 1188. Et lorsque
se constitue un gouvernement laïc urbain détaché de
l'autorité seigneuriale, de nouvelles constructions émergent
: halles, hôtel de ville, beffroi. La ville se pare
des symboles du nouveau pouvoir urbain.
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| Une
ville prospère |
Place forte du comté d'Artois
de 1237 à 1384, puis possession bourguignonne à la
mort de Louis de Mâle en 1384, Aire entre par un
jeu de mariages et d'héritages sous l'autorité des
Habsbourg.
Le commerce, largement facilité par
le transport des marchandises sur la Lys, est alors florissant.
La joyeuse entrée de Charles Quint à Aire
en 1549, ne nous est-elle pas relatée comme une
fête d'un faste rare et inégalé?
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| Un
maillon du pré carré |
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Les
guerres menées par Louis XIII et Louis XIV,
soucieux du rattachement de l'Artois au royaume de
France, trouvent leur terme avec le traité de
Nimègue (1678) qui consacre le retour de Saint-Omer
et Aire dans le giron français.
La
place d'Aire, maillon de la seconde ligne du pré carré de
Vauban, voit ses défenses se renforcer :
multiplication des ouvrages avancés, utilisation
savante de l'eau, qui retenue par un système
d'écluses et de vannes, devient un élément
défensif de tout premier ordre. Ces
aménagements n'empècheront toutefois
pas la destruction et la prise de la ville en 1710
par les coalisés (anglais, allemands et hollandais).
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| Aire,
ville française |
Rétrocédée à la
France par le traité d'Utrecht (1713), Aire amorce
sa reconstruction dans le plus pur style classique, selon
un réglement d'urbanisme précis.
Le visage de la ville se
modifie : le décor classique des maisons de la
Grand Place s'harmonise à celui de l'hôtel
de ville, nouvellement construit. Les maisons plus modestes,
désormais alignées sur la rue, adoptent
un dessin de façade régulier et symétrique à trame.
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| Les
transformations des XIXème et XXème siècles |
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Le démantèlement
des fortifications à la fin du XIXème
siècle permet l'aménagement de boulevards
le long desquels s'installent de nouvelles activités
industrielles (brasserie, usine à gaz, fonderie,
scierie...)
L'ouverture de la
ville sur l'extérieur est alors vécue
comme la promesse d'une expansion porteuse d'avenir
et de modernité. Elle restera pourtant à l'écart
des grands bouleversements régionaux.
Aujourd'hui au coeur
d'une communauté de communes d'environ 15.000
habitants, Aire sur la Lys se rattache administrativement,
culturellement et touristiquement à l'Audomarois.
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| Le
Blason |
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Le
blason est composé d’un aigle d’argent
sur fond rouge, surmonté de la couronne des
villes ceintes de murailles.
Au-dessous
figure la croix de guerre décernée à la
ville en 1918.
l’aigle
fait référence au nom de la ville.
En effet, une aire désigne aussi le nid d’un
aigle.
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| Les
façades des maisons de la Grand Place |
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La Grand Place a la
particularité d’être de forme
triangulaire, selon le modèle des places
des Pays- Bas. Ces maisons méritent une attention
particulière car leurs façades ont
toutes été construites selon le même
modèle d’architecture.
En effet, en 1722,
le pouvoir royal impose dans toutes les provinces
de Flandre et d’Artois un règlement
d’urbanisme aux maisons de la Grand Place.
Toutes les façades doivent constituer un
ensemble architectural homogène. Ce règlement
comporte 19 articles. Désormais, on a la
volonté de créer dans un souci esthétique
et non plus seulement de sécurité et
de lutte contre l'insalubrité.
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Ces articles
abordent plusieurs sujets : la protection contre les incendies,
l’interdiction de réparer les maisons en
bois, de poser des toitures en paille, l’empiètement
sur la voie publique, la canalisation des eaux usées… Aucune
irrégularité ne doit être constatée
(ex : pas d’enseigne).
Avant 1700,
les maisons étaient soit en brique rouge, soit
en bois, à colombages. Désormais, deux modèles
s’imposent :
- les maisons à pilastres
sur la Grand Place. Elles sont constituées de deux étages,
les pilastres partent du premier étage jusqu’en
haut. La première façade date de 1718, les
dernières de 1839. Une maison rue de Saint –Omer
aurait d’ailleurs servi de prototype à la
construction de l’hôtel de ville, elle date
de 1716.
- les maisons à façades
tramées dans les autres rues. Elles consistent
en une alternance de baies et de trumeaux en brique et
ne comptent qu’un seul étage. Le toit est
parallèle à la rue et l’encadrement
des baies est saillant et en pierre. On n’hésite
pas à utiliser la couleur (rouge sur la brique,
blanc sur la pierre, vert sur les boiseries et les volets).
Quelques
variantes sont néanmoins accordées aux plus
aisés et seuls les nobles ont le droit de ne pas
respecter ces règles d’architecture. De même,
il n’y a pas de ségrégation entre
les classes sociales, elles se côtoient dans les
mêmes rues. On ignore si ce remaniement a été bien
accepté par les habitants (les récalcitrants
passaient en cour de justice). Le magistrat a accordé des
mesures d’aide à la construction dont la
gratification ordinaire octroyée à la fin
des travaux par l’échevin – commissaire
(chargé d’assurer le respect du règlement).
La réussite
de cette politique est due à la stabilité du
pouvoir, à l’action persévérante
des échevins – commissaires et à deux
familles airoises, les LENCQUESAING (famille de mayeurs)
et les BEUGIN (maîtres – charpentiers).
Les guerres
du XXe siècle ont fait des dégâts
mais les maisons détruites n’ont pas été reconstruites
selon le modèle d’origine, ce qui entraîne
quelques irrégularités à ce plan
d’architecture rigoureux. Un circuit touristique
faisant découvrir les façades inscrites à l’Inventaire
supplémentaire a d’ailleurs été créé par
l’office de tourisme. Un dépliant est à disposition.
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