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Quand
il vous accueille à l’entrée
de son atelier de Kremlin-bicêtre,
John Christoforou semble sorti d’une
grotte, d’une caverne, d’un
antre mystérieux. Né à Londres
de parents originaires de Smyrne, installé à Paris
au milieu des années cinquante,
John Christoforou n’a jamais cessé de
lutter contre une société anti-humaine.
C’est un peintre combattant. Un
homme hérissé que navrent
la violence, l’hypocrisie, la robotisation.
La profondeur des noirs, l’intensité des
rouges, la façon de brosser la
surface, le mouvement des formes : le
repos n’est pas permis.
Mais à l’agitation
fiévreuse de la conscience se
joint la magnifique maîtrise de
la composition. De grandes expositions
(Paris, Copenhague, Rouen, Villeneuve-d’Ascq,
Stockholm, Dresde, Athènes, Reims…)
ont célébré sa
créativité, mais l’ampleur
et la constance de son inspiration restent à découvrir.
Anges, soldats, prophètes, masques,
martyrs, rescapés… Rien
de trafiqué, rien d’étriqué.
Une bonté dure, implacable. Une
vérité de cendres et de
sang. Une émotion sans sentimentalisme.
A certains on colle l’étiquette
de « grands maîtres ».
De John Christoforou il faut reconnaître
que c’est un merveilleux et précieux
agitateur. Une âme tendre devenue
tranchante comme une lame.
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