L'hémorragie
1/
Comment reconnaître une hémorragie ?
Le sang s'écoule abondamment à l'extérieur du corps
par une plaie.
2/
Que faire ?
- Comprimer immédiatement
la plaie qui saigne avec un coussin hémostatique
( ou à défaut avec la paume de la main),
en se protégeant à l'aide d'un gant.
- Allonger la victime,
- Faire alerter les secours,
- Conserver cette compression jusqu'à l'arrivée des secours.
- Surveiller la victime jusqu'à l'arrivée des secours.
3/
Pourquoi agir ainsi ?
En maintenant la compression sur la plaie qui saigne, vous stoppez l’hémorragie,
et évitez que la victime ne perde trop de sang. Si la victime
perd trop de sang, elle peut mourir rapidement. En l’allongeant,
vous évitez qu’elle ne soit prise d'un malaise dû à la
perte d’un volume trop important de sang, et ne tombe.
La
perte de conscience
1/
Comment reconnaître une victime inconsciente
?
La victime
est inconsciente quand :
- Elle ne répond pas aux
questions simples : «m’entendez-vous ?», «que
s’est-il passé ?», «que vous est-il arrivé ?»…
- Elle ne répond pas aux ordres simples : «ouvrez les yeux
!», «serrez-moi la main !»,…
2/
Que faire ?
- Desserrer la ceinture
et le col pour lui faciliter sa respiration,
- Basculer prudemment sa tête en arrière en tirant le menton
vers le haut pour éviter que la langue ne tombe en arrière
dans la gorge et ne gène la respiration de la victime, regarder
dans la bouche pour retirer d'éventuels corps étrangers
visibles.
- S’assurer que la victime respire en vous penchant au-dessus de
sa bouche,
- Placer la victime sur le côté.
- Donner l'alerte ou faire alerter les secours.
- Surveiller la victime jusqu'à leur arrivée.
3/
Comment placer la victime sur le côté ?
- Écarter
son bras du côté de retournement à angle
droit de son corps et plier le coude, paume de la main tournée
vers le haut.
- Saisir l'épaule et la hanche de la victime du côté opposé.
- Tout en maintenant la main, saisir la jambe opposée au retournement
derrière le genou, la replier pied au sol
- Faire rouler lentement le corps en tirant sur le genou vers soi et
en maintenant la main de la victime contre son oreille.
- Lorsque le genou de la victime est au sol, retirer la main de sous
la tête de la victime en maintenant son coude pour ne pas bouger
la tête.
- Ajuster la jambe pliée, de sorte que la cuisse soit à angle
droit du corps.
- Ouvrir la bouche.
4/
Pourquoi mettre une victime inconsciente qui respire
sur le côté ?
Si la victime inconsciente
reste sur le dos, elle risque de s’étouffer
avec sa langue et avec ses propres vomissements.
En la plaçant
sur le côté, tête en arrière,
bouche ouverte et dirigée vers le sol, ses vomissements
s'écouleront librement sur le sol, et la langue
ne pourra plus tomber dans sa gorge. Ainsi elle ne risquera
plus de s'étouffer ! De plus lors du retournement,
en maintenant la main de la victime sur son oreille on
assure la stabilité de la nuque et on limite les
risques de lésion de la colonne cervicale.
En aucun
cas vous ne devez laisser une victime inconsciente qui
respire sur le dos.
Le
malaise cardiaque
1/
Comment reconnaître un malaise cardiaque ?
La victime
se plaint d’une violente douleur dans la poitrine.
Cette douleur la serre comme un étau. La victime
est angoissée, elle peut avoir également mal
dans un bras, dans la mâchoire, dans le dos, au ventre,…
2/
Que faire ?
- Mettre
la victime au repos : lui proposer de s'allonger sauf si
elle préfère une autre position.
- Lui demander depuis combien de
temps la douleur s'est installée,
- Lui demander si c'est la première fois qu'elle ressent cette
douleur,
- Lui demander ce qu'elle fait quand elle a ce genre de douleur (prise
d'un médicament particulier,…),
- L'interroger sur son état de santé habituel : traitement
en cours, maladies particulières, hospitalisation…
- Si la victime possède le médicament qu'elle prend habituellement
pour ce genre de douleurs, l'aider à prendre le(s) médicament(s) comme
l'a prescrit le médecin traitant (même nombre, même
type,…),
- Alerter le SAMU (15) et transmettre
tous les renseignements en votre possession.
- Suivre les indications du médecin du SAMU.
- Surveiller la victime jusqu'à l'arrivée des secours.
3/
Pourquoi agir ainsi ?
- En
installant la victime en position de confort, vous évitez
qu’elle ne s’agite et vous permettez qu’elle
se repose confortablement en attendant les secours.
- En l’interrogeant sur son état de santé habituel,
et en la questionnant, vous permettez, lors de votre contact avec le
médecin du SAMU, que celui-ci prenne mieux connaissance des problèmes
médicaux de la victime, pour une meilleure prise en charge par
les secours. En l’aidant à prendre le(s) médicament(s)
comme l’a prescrit le médecin traitant (même nombre,
même type,…), vous évitez qu’elle ne se déplace
et ne se fatigue encore plus.
En aucun
cas vous ne devez donner d’autres médicaments
que ceux prescrits par le médecin traitant pour
ce genre de douleur.
Les
Brûlures
1/
Que faire ?
- Refroidir
la brûlure en l'arrosant immédiatement pendant
5 minutes à l'eau froide, sans pression sur la brûlure.
- Retirer les vêtements pendant l'arrosage, à l'exception
de ceux qui adhèrent à la peau.
- Si la
brûlure est très étendue, ou que les
cloques sont de grandes tailles (plus de la moitié de
la paume de la main de la victime), la brûlure est
dite grave. Il faut allonger la victime sur la région
non brûlée. L'installer en position demi-assise
si elle présente des difficultés respiratoires.
Alerter au plus vite les secours. Surveiller la victime
jusqu'à l'arrivée des secours.
- Si la
brûlure est simple, l'arrosage peut être poursuivi
plus de 5 minutes pour limiter la douleur, protéger
la brûlure, ne pas percer la cloque. Surveiller
la brûlure, si elle devient chaude, gonflée
ou si elle continue à faire mal dans les 24 heures,
consulter un médecin.
2/
Pourquoi arroser une brûlure ?
En arrosant
une brûlure avec de l’eau froide, vous permettez
:
- Un refroidissement immédiat
de la zone brûlée,
- Une diminution immédiate de la douleur,
- Un arrêt de l’extension en taille et en profondeur de la
brûlure, en particulier en cas de brûlure par produits chimiques
En cas de
brûlure grave, l'arrosage de plus de cinq minutes
entraîne le refroidissement de la victime.
3/
Cas particulier : La victime a avalé un produit
chimique.
a/Que faire ?
Allonger
la victime et alerter les secours (SAMU : 15).
Vous ne
devez jamais :
- Faire
boire quoi que ce soit à la victime. En effet,
dans ce cas, vous augmentez le risque de vomissements
du produit chimique.
- Faire vomir la victime. En effet, dans ce cas, le nouveau passage du
produit chimique dans les voies digestives aggraverait les lésions
déjà instaurées.
Les
Plaies
1/
Comment reconnaître une plaie grave ?
Il s'agit
d'une plaie étendue, souillée, contenant
des corps étrangers ou d'une plaie située
au niveau du ventre, de la poitrine ou de l’œil.
2/
Que faire en cas de plaie superficielle ?
- Nettoyer
la plaie avec une compresse et un désinfectant,
ou soit à l’aide de tampons désinfectant.
EVITER LA COTON pour nettoyer !
- Protéger la plaie avec un pansement si besoin.
3/
Que faire en cas de plaie grave ?
- En règle
générale, allonger la victime pour éviter
qu’elle ne s’agite et la mettre au repos.
- Alerter les premiers secours.
- Surveiller la victime jusqu'à leur arrivée.
4/
Cas particuliers :
Plaie à la
poitrine : Mettre la victime en position demi-assise pour
faciliter sa respiration.
Plaie au ventre :
Mettre la victime en position allongée jambes fléchies
pour diminuer la douleur et faciliter sa respiration.
Plaie de l'œil
: Mettre la victime allongée sur le dos, tête
calée, les yeux fermés. Demander à la
victime de ne pas bouger les yeux pour ne pas aggraver les
lésions.
Les
accidents domestiques :
1/
intoxications aux produits ménagers
Ils représentent
25 % des intoxications accidentelles de l'enfant (15 000
cas annuels). Leur gravité dépend du caractère
caustique de certains produits, heureusement peu fréquemment
rencontrés (5 % des cas).
Les produits
ménagers se divisent en deux grandes catégories
de produits :
Les substances simplement irritantes pour l'intestin et peu dangereuses.
Les plus fréquentes : eau de Javel diluée à 12º Cl
(bouteille du commerce ou reconstitution d'un litre à 12º après
dilution d'un berlingot dosé à 48º Cl), les produits
de vaisselle ou de lessive à la main.
Les caustiques, produits fortement basiques ou acides, dangereux ou très
dangereux : déboucheurs de canalisations, en paillettes ou liquide,
contenant jusqu'à 30 % de soude caustique ; produits décapant
pour le four, contenant 4 % de soude caustique ; poudre de lavage pour
machine à laver la vaisselle dont l'alcalinité est forte
(pH 13) ; un produit de pH_11 sera commercialisé en 1998 (classé irritant)
; détartrants liquides, produits acides ; antirouilles pour le
linge contenant des fluorures ; eau de Javel diluée à 48° cl
; ammoniaque ou alcali du commerce. détachants : ils contiennent
des dérivés pétroliers comme le trichloréthylène.
En dix ans, les CAP de France ont enregistré 10 décès,
souvent chez les enfants agés de 3 à 5 ans, en raison des
troubles et lésions respiratoires d'apparition extrêmement
rapide avec coma, hémorragies et collapsus cardio-vasculaire ;
solvants de peinture (white-spirit) ; benzène, acétone
; antigel ; produits utilisés pour le nettoyage des vitres et
des métaux ayant pour solvant du pétrole, de l'alcool éthylique
ou d'autres substances (ammoniaque, trichloréthylène, formol,
etc.) ; désodorisants de WC, blocs et boules antimites ; cires
et encaustiques contenant des dérivés pétroliers
(térébenthine).
Quel
que soit le produit ménager en cause, une seule
attitude : NE RIEN FAIRE et NE RIEN DONNER
PAR LA BOUCHE
- Pas d'eau,
qui entraînerait le produit plus loin, dissoudrait
les paillettes, facteur d'extension et d'aggravation des
lésions ; risque de mousse asphyxiant l'enfant
par envahissement de la gorge et des voies respiratoires.
- Pas de lait (ce n'est pas un antipoison).
- Pas de produit neutralisant, inefficace, vu la rapidité de constitution
des lésions, d'emblée maximales.
- Pas de pansement gastrique qui gênerait l'examen des lésions
par le spécialiste ORL.
- Pas de vomissement provoqué.
- Conduire l'intoxiqué dans le service ORL d'urgence désigné.
L'enfant subira probablement une œsophagoscopie sous anesthésie
générale pour voir l'étendue des lésions.
- S'il présente des difficultés pour respirer, faites appel
immédiatement au Samu (15).
2/
Cas particulier : projection d'un caustique basique
ou acide sur la peau ou dans l'œil :
- Lavez
immédiatement et abondamment à l'eau pure
du robinet pendant 15 minutes, puis recouvrez de compresses
maintenues par une bande Velpeau sans compression ;
- Ne mélangez jamais un détartrant acide avec de l'eau
de Javel. Les vapeurs de chlore irriteraient les yeux, les voies respiratoires
et créeraient des troubles respiratoires neurologiques et graves.
3/
Mesures de prévention :
Depuis 1992, tous les produits toxiques et corrosifs doivent être
munis d'un système de fermeture à l'épreuve des
enfants de moins de 4 ans.
Les produits
ménagers doivent être placés plutôt
en hauteur et, pour les plus dangereux, hors de la cuisine,
de la salle de bains ou des toilettes, dans des lieux
inaccessibles aux enfants et fermés efficacement.
Depuis un
décret de 1994, tous les antigels doivent contenir
un amérisant puissant comme le Bitrex.
Comme il
s'agit le plus souvent de jeunes enfants de moins de 4
ans qui s'intoxiquent avec les produits ménagers,
on peut maintenir les produits d'utilisation courante
et peu dangereux dans un placard sous l'évier à condition
de le fermer efficacement par un système de fermeture à l'épreuve
des jeunes enfants de moins de 4 ans, comme le système
Butak.
Lors de
l'utilisation des produits caustiques ou potentiellement
dangereux, éloignez l'enfant de moins de 7 ans.
Condamnez
la pièce tant que le produit stagne dans l'appareil
sanitaire à déboucher, puis rincez-le correctement.
Ne transvasez
aucun produit ménager dans une bouteille d'eau
minérale ou un autre récipient à usage
alimentaire (boîte de conserve, verre, etc.).
Utilisez
des flaconnages spécifiques achetés dans
le commerce pour diluer vos extraits concentrés
(ex. : eau de Javel, lave-vitre, détartrant…).
Apprenez à l'enfant à reconnaître
les produits ménagers et sensibilisez-le aux dangers
par des explications simples, et non en l'écartant
systématiquement, dès qu'il est en âge
de comprendre (3-4 ans).
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