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Le Fonds Ancien 2018-06-18T17:51:04+00:00

Le Fonds Ancien

Le 4 mars 1891, la Bibliothèque Municipale d’Aire-sur-la-Lys s’installait dans le local qui est encore le sien à l’heure actuelle, au rez-de-chaussée de l’aile droite du bel Hôtel de ville, édifice construit au XVIIIe siècle. La salle de lecture aux proportions harmonieuses est alors décorée de hautes boiseries de chêne destinées à recevoir les livres rangés selon un classement systématique et par format. Cette présentation fait aujourd’hui l’originalité de la bibliothèque.

Ouverte au public en 1839, La « bibliothèque publique » fut instituée par délibération municipale en date du 14 novembre 1838, conseil dirigé par le maire Hippolyte Mahieu-Milon. à cette date, on comptait 331 volumes imprimés, rescapés de la Révolution : 19 volumes de dictionnaires de langues, 138 de jurisprudence et de droit, 43 de sciences et littérature, 117 d’histoire et 14 de gazettes. à cette liste vinrent s’ajouter quelques ouvrages donnés par le ministre de l’Instruction publique.

Entre 1839 et 1891, elle connut de nombreuses transformations. A plusieurs reprises, elle fut fermée mais grâce aux dons et à des achats judicieux, parallèlement à l’acquisition de grands instruments de travail, des textes et des ouvrages de référence, la bibliothèque s’est constituée un fonds ancien digne d’intérêt.

Le 7 novembre 1890, le maire et son conseil donne un nouvel élan à l’établissement. Ils décident de transférer la bibliothèque au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. Le maire, André Faucquette, écrivit alors au ministre : « Notre bibliothèque ouvre trois fois par semaine de 2 à 5 heures. On a fait relier tous les volumes, réparer ceux qui étaient endommagés. » L’inventaire réalisé en 1900 recensa 10 434 volumes. Le dernier récolement effectué en 1985, mentionna et énuméra 18 000 volumes imprimés.Outre ses manuscrits (87 numéros), la bibliothèque rassemble à l’heure actuelle un fonds ancien réunissant 15?000 ouvrages (livres imprimés rares ou précieux du XVIe au XIXe siècle) 735 volumes pour le fonds local, 307 périodiques auxquelles s’ajoutent des collections iconographiques plans, cartes esquisses, planches – 400 pièces).

La bibliothèque est aussi dépositaire des archives anciennes de la ville, réunissant en ses murs plus de vingt mètres linéaires de documents couvrant la période du XIIe au XVIIIe siècle. Ces archives ont été inventoriées et cataloguées en 1995. L’échevinage (qui était le conseil municipal sous l’Ancien Régime) possédait des livres qui, par leur appartenance même à la communauté restèrent propriété de la collectivité. Citons notamment la collection complète de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, les Œuvres diverses de Jean de la Fontaine (1758), les Œuvres de Maître François Rabelais (1711), les Lettres de Rousseau sur différents sujets de littérature publiées par Louis Racine en 1750, et les Œuvres du comte de Buffon, publiées en 1774.

Au XVIIIe siècle, de nombreux avocats et hommes de loi vivaient à Aire. Ils y ont laissés des ouvrages de jurisprudence et de théologie. Par exemple la bibliothèque possède le commentaire littéral sur tous les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament (1712) par le R. P. Dom Augustin Calmet, bénédictin de la congrégation de St. Vanne et St. Hydulphe et l’Histoire du Vieux et du Nouveau Testament (1687) par le sieur de Sombreval. En matière juridique, on trouve le code pénal, ou recueil des principales ordonnances, édits et déclarations sur les crimes et délits (1752), le code militaire ou compilation des règlements et ordonnances de Louis XIV, Roy de France et de Navarre (1709), les lois militaires recueillies du droit romain (1672), le droit public de l’Europe, fondé sur les traités (1748).

Les dons ont été nombreux. La bibliothèque s’est notamment enrichie de livres provenant du château de Roquetoire que le marquis de Lugy avait fait construire dans les premières années du XVIIIe siècle sur un domaine acquis de la couronne d’Espagne. Le second Empire, a offert aux bibliothèques municipales des ouvrages tels que la collection des auteurs latins et grecs, les oeuvres complètes historiques de Chateaubriand éditées en 1840 par Firmin Didot et les Œuvres poétiques de Boileau éditées en 1824 par Froment. Enfin des achats ont été faits par la municipalité. Ils semblent s’être arrêtés en 1937.

Des collections sont à signaler par leur originalité, en particulier la biographie universelle de F. X. Feller (édition de 1841), le grand dictionnaire de Pierre Larousse, la grande géographie Bond illustrée, publiée sous la direction d’Onésime Reclus.

La bibliothèque compte également des manuscrits, la plupart provenant de dons de particuliers. L’abbé Denuncq, ancien religieux de Clairmarais, a écrit seize volumes, tous relatifs à l’histoire d’Artois. On peut signaler les « Coustumes générales de la Châtellenie et Bailliage d’Aire, membre de la comté d’Artois » (XVIIe siècle, Ms. 2), le recueil « Coustumes de la ville et banlieue de Saint-Omer, ensemble celle de la pruvosté de Monstroeul » appartenant à Mathieu Van Der Woestyne, de Saint-Omer (Ms. 3, 1598), et le « Logica Jesuitarum » ou cahier de philosophie du collège des Jésuites d’Aire, avec un portrait gravé d’Homère (Ms 7, XVIIe siècle).

Le baron Camille Dard, bibliophile passionné, archéologue érudit, Maire d’ Aire-sur-la-Lys en 1883-1884, possédait une bibliothèque considérable, de plus de 3 000 volumes et un grand nombre de plans, manuscrits et pièces diverses. La plupart des ouvrages concernaient l’Artois et la région d’Aire. La bibliothèque fut vendue aux enchères publiques, à Saint-Omer en novembre 1893. La ville a acquis une trentaine de titres et 5 manuscrits dont l’analyse des registres capitulaires, recueil de documents concernant le chapitre de Saint-Pierre d’Aire de 1433 à 1775, la Relation du siège de 1710 et l’Atlas du canton d’Aire en 1772.

En ce qui concerne les journaux, la bibliothèque conserve des collections complètes : La Revue européenne, Le Charivari, L’Athenaeum français, Le Rénovateur, Le Journal des dames et des modes, L’Apollon, etc, du XIXe siècle. Sur le plan local, signalons la collection complète de L’Echo de la Lys dont le premier numéro est daté du vendredi 6 octobre 1837.

La bibliothèque d’Aire possède aussi un fonds d’archives très important très bien conservées, elles permettent de suivre l’évolution de la ville jusqu’à la Révolution. On peut relever parmi les grandes séries, les actes constitutifs et politiques de la commune, notamment des chartes depuis 1187, les registres des délibérations de l’échevinage depuis 1739 à l’an IV, les registres des offices municipaux de 1724 à l’an VII, les comptes de l’argentier de 1483 à 1789, les registres de correspondance du magistrat à partir de 1796. La bibliothèque conserve un document daté de 1188 qui est l’octroi de la charte connue sous le nom de L’Amitié dans laquelle Philippe d’Alsace, Comte de Flandre, sur le point de partir pour la Terre Sainte, déclare vouloir garder et confirmer, pour les hommes de sa terre, les libertés et les immunités accordées par ses prédécesseurs. La bibliothèque est dépositaire des registres de catholicité des cinq paroisses depuis 1589, et d’état-civil jusqu’à 1933.

Les collections patrimoniales de la bibliothèque d’Aire-sur-la-Lys recèlent aujourd’hui des fonds d’imprimés, représentatifs de tout ce qui a été édité du XVIe au XIXe siècle dans tous les domaines de la connaissance, de même qu’un fonds d’histoire locale enrichi d’œuvres originales d’écrivains locaux. Signalons : le grand voyageur et conférencier Gabriel de Beugny d’Hagerue (1831-1922), auteur du Roman d’un jésuite (1882) et du Secret de Rose et qui a publié de nombreux textes tels Les mémoires d’un commis-voyageur, mais aussi Récits andalous à partir d’événements survenus en Andalousie entre 1796 et 1845. Signalons également les œuvres d’Eugène de Sars (1838-1909), poète et musicien, auteur notamment d’Au gré des vents (1886), et de Lucien Baudens (1804-1857), célèbre chirurgien militaire, membre du conseil de santé en 1853, qui a dédicacé à la bibliothèque sa Relation de l’expédition de Constantine (1838).

La bibliothèque offre donc de vastes ressources aux chercheurs, qui trouvent sur place des ouvrages de référence et de précieuses éditions. A plusieurs reprises les fonds ont été mis en valeur lors d’expositions réalisées et organisées en collaboration avec l’Office de Tourisme et les associations de sauvegarde du Patrimoine de la ville.

Source : Office de Tourisme d’Aire-sur-la-Lys